Les incidents (connus…)

Les incidents (connus…)

Cet article liste une cinquantaine d’incidents de publics ayant impacté, délibérément ou non, le secteur maritime au cours des vingt dernières années. Il ne se veut pas exhaustif, mais n’hésitez pas à me faire savoir si vous disposez d’autres informations (publiques et corroborées !). L’idée n’étant pas de montrer une entreprise ou un état du doigt, mais de vous sensibiliser aux incidents ayant déjà eu lieu, et leurs conséquences lorsqu’elles sont connues. J’en rajouterai d’autres à l’occasion. Les attributions et les sources sont à prendre avec des pincettes, comme toujours, de même que l’augmentation du nombre public d’incidents.

Pourquoi est-il aussi difficile d’obtenir une vision exhaustive des incidents ?

  1. Parce que leur déclaration (publique ou non) n’est pas obligatoire dans de nombreux pays, et qu’il n’y a souvent pas d’organisme centralisateur.
  2. Parce que ça fait chuter l’action et l’image de l’entreprise.
  3. Parce que l’acception de cyberattaque varie (certains considèrent un ping d’une adresse IP inconnue comme une cyberattaque).
  4. Parce que évènement cyber ne veut pas dire cyberattaque (une interruption de service liée à une perte informatique est pourtant un incident de cybersécurité).

Attention aussi aux raccourcis : un chercheur qui montre des vulnérabilités ne veut pas systématiquement dire que c’est un pirate et qu’il l’a fait « pour de vrai ». Et il y a aussi de nombreuses approximations et raccourcis. Dans la marétique, voici un bel exemple parmi d’autres, parfaitement analysé.

2018 :

2017 :

2016 :

  • Avril (encore) : les autorités de Corée du Sud font rentrer quelques 280 navires à quai après qu’ils aient constaté des difficultés majeures avec leurs systèmes de navigation (brouillage/leurrage GPS ?).
  • Avril : Daewoo Shipbuilding est victime d’une cyberattaque : exfiltration de données sensibles, notamment des plans de navires de guerre. La Corée du Nord est montrée du doigt.
  • 02/03 : le centre anti-piraterie du Golfe de Guinée ((Maritime Trade Information Sharing Center, Gulf of Guinea (MTISC-GoG)) est touché par une faille a priori exploitée pour du vol de données. Information donnée par le Maritime Executive, mais démentie par le centre.
  • Les services administratifs du port d’Oakland sont touchés par une attaque en déni de service. Peu d’informations officielles.
  • Un armateur fait l’objet d’une cyberattaque sur plusieurs mois, permettant aux pirates d’identifier des containers d’intérêt et d’en détourner le contenu.
  • Des adresses de courriel d’un affréteur sont piratées. Les fonds normalement virés pour payer l’agent ont en fait été versés vers un compte bancaire au Nigéria. Le navire a été retenu au port car l’agent n’avait pas reçu à temps les fonds nécessaires pour autoriser le départ du navire du port.
  • Des adresses de courriel d’un agent sont piratées. Un courriel est envoyé à l’armateur pour réaliser un virement vers un nouveau compte bancaire. L’armateur ne vérifie pas et réalise le virement. La perte totale est de 500 000$ (deux virements ont donc été nécessaires !).
  • Voir l’enquête réalisée par IHS et BIMCO sur les incidents cyber de l’année au sein du secteur au cours de l’année 2016.

2015 :

  • Octobre : l’entreprise bretonne Sabella qui est touchée. Son hydrolienne, immergée à 55 mètres à proximité de l’île d’Ouessant, a dû être stoppée pendant près de 15 jours, suite à une attaque par rançongiciel (encore) sur l’ordinateur de contrôle de l’hydrolienne. Cet ordinateur assurait la liaison satellitaire entre l’hydrolienne et la ville de Quimper. Cependant, l’hydrolienne était encore en phase de tests et l’incident n’a donc pas eu d’impact sur l’approvisionnement électrique de l’île d’Ouessant. La rançon, dont on sait qu’elle était d’un montant de 4 000 $, n’a pas été réglée par l’entreprise (ce qui est une bonne chose et conforme aux recommandations de l’ANSSI sur le sujet). Les quinze jours d’interruption s’expliquent donc par la durée nécessaire à la restauration du système (c’est long !).
  • Août : des criminels dérobent environ 644 000$ à un armateur chypriote, basé à Limassol. La compagnie a reçu un courriel provenant d’un fournisseur pétrolier situé en Afrique, demandant à ce que l’argent prévu soit viré sur un autre compte que le compte habituel. La compagnie accepta, pour s’apercevoir, avec retard, de la fraude.
  • Une unité mobile de forage offshore (Mobile Offshore Drilling Unit) a été infectée par un code malveillant, qui a impacté le système de positionnement dynamique, nécessitant la mise en place d’une procédure d’urgence pour éviter un accident.

2014 :

2013 :

2012 :

  • Septembre : sous les doux noms de Sneaky Panda, The Elderwood Gang. The Beijing Group, on trouve une même tentative de cyberattaque visant essentiellement les États-Unis, et notamment le secteur naval, essentiellement par harponnage.
  • Août : la compagnie pétrolière Saudi Aramco fait les frais du code malveillant Shamoon. Le contenu de plus de 35 000 ordinateurs a été purement et simplement effacé. 5 mois de reconstruction. La compagnie, incapable de facturer le pétrole quittant ses raffineries, a dû en laisser partir gratuitement. Elle a également causé une pénurie temporaire en disques durs, car elle en a commandé 35 000 d’un coup !

2011-2013 :

Piratage sur deux ans du port d’Anvers où des trafiquants de drogue réussissent à détourner le fonctionnement du système d’aiguillage des conteneurs à leur profit pour éviter que les conteneurs transportant de la drogue ne soient contrôlés par les douanes.

2011 :

  • 13-14/12/2011 :  arrêt des transactions commerciales sur port de Rotterdam, en raison d’un arrêt du système d’information des Douanes. Impossibilité de faire appareiller les navires et de faire quitter les camions du port.
  • 19/09 : le plus important industriel de défense japonais, Mitsubishi Heavy Industries Ltd, est l’objet d’une cyberattaque, ayant eu pour conséquence un accès aux ordinateurs de l’entreprise. L’entreprise a reconnu dans un communiqué que des informations pourraient avoir été volées à cette occasion. Le journal Yomiuri parle de 80 ordinateurs infectés par un code malveillant au siège tokyoïte de l’entreprise, ainsi que dans des sites de conception et de recherché, notamment les chantiers navals de Kobe et Nagasaki, ainsi qu’à Nagoya. Le chantier naval de Kobe construit de sous-marins et des composants de centrales nucléaires, celui de Nagasaki des navires de surface. Quant à Nagoya, l’usine fabrique des missiles et des fusées.
  • Août : l’armateur iranien IRISL a été victime d’une cyberattaque. Peu de détails, mais les pertes auraient été très importantes (perte de données, pertes financières…).
  • Mai : un pirate revendique un accès à certains serveurs du département de la marine américaine.

2010 :

  • une plateforme pétrolière, transférée de son site de construction en Corée du sud vers son site d’exploitation a été compromise par plusieurs codes malveillants. La plateforme a dû être arrêtée pendant 19 jours le temps de traiter les codes, qui a priori ont touché des systèmes sensibles de la plateforme.

2009 :

  • Mars : un ancien employé pirate des plateformes offshore de son entreprise en guise de représailles. Des milliers de dollars de dégâts, mais fort heureusement pas d’impact environnemental.
  • 12/01 : le réseau interne de la Marine nationale française est touché par le virus Conficker. Le nécessaire traitement de la diffusion du code malveillant nécessite l’isolement de plusieurs sous-réseaux du système.

2006 :

2002 :

  • Avril : un groupe de pirates informatiques se faisant appeler « Dymanic Duo » parvient à s’introduire dans des systèmes informatiques du commandement de l’U.S. Navy (parmi d’autres). Les pirates réalisent un défaçage du site de l’U.S. Navy, pour montrer les failles dans la sécurité du site. Un industriel de défense développant un site web pour l’U.S. Navy éteint son réseau après que les pirates aient eu notamment accès aux mots de passe des employés. Les page du site font là aussi l’objet d’un défaçage, de l’information est rendue publique et des messages revendiquent à nouveau l’action sous le nom de « Dynamic Duo ».

1998 :

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