Cybersécurité maritime et portuaire.
Menaces, vulnérabilités, incidents et réglementation du secteur maritime et portuaire, sous un angle opérationnel nourri par le parcours de l’auteur.
Fausse annonce sur le MSC Divina : piratage ou accès physique ?
Le 30 juillet 2026, vers 6 h 30, à bord du MSC Divina qui faisait route de Marmaris (Turquie) vers Naples, une annonce a retenti dans les parties communes de deux ponts : le capitaine aurait « perdu le contrôle » du navire, désormais à la dérive. L’annonce était fausse. Six passagers italiens, répartis dans deux cabines, ont été identifiés et débarqués à Naples ; ils font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, accès non autorisé à un système informatique et création d’alarme publique [1].
Constanța : quand NoName s'en prend à tout un écosystème portuaire
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D’ordinaire, quand la nébuleuse hacktiviste pro-russe NoName057(16) s’en prend au secteur maritime et portuaire, elle pioche une poignée de sites : une compagnie de ferries ici, une autorité portuaire là. Cette fois, depuis une dizaine de jours, c’est tout l’écosystème et l’hinterland du port de Constanța qui sont passés au crible.
FortiBleed et le maritime : une vraie exposition ?
Un rappel des faits, d’abord. FortiBleed a été révélé à la mi-juin 2026 par le chercheur indépendant Volodymyr « Bob » Diachenko, spécialiste de la traque des bases et serveurs laissés ouverts sur Internet. Fait notable, la fuite provient des attaquants eux-mêmes : Diachenko a repéré un de leurs serveurs mal verrouillé, qui exposait leur outillage, leurs journaux et le jeu d’identifiants lui-même. L’opération, qu’il attribue à un groupe russophone à plusieurs opérateurs, aurait moissonné puis cassé les empreintes d’authentification de dizaines de milliers de boîtiers FortiGate, en enrichissant chaque entrée du secteur d’activité, du chiffre d’affaires et de l’effectif de la cible - de quoi préparer de futures attaques. Plusieurs chercheurs ont validé une partie du lot, dont le britannique Kevin Beaumont, qui a confirmé l’authenticité d’un échantillon d’identifiants d’administration.
Que retenir du rapport 2025 des USCG ?
Cinquième édition du rapport CTIME des gardes-côtes américains sur la cybersécurité maritime : constats attendus, éléments nouveaux et écarts avec le cadre réglementaire européen… Décryptons ensemble.
La cybersécurité maritime 2025 en chiffres
Au fil de l’actualité, certains imaginent parfois la menace cyber maritime comme étant exclusivement un risque de navires détournés et de transpondeur AIS trafiqués. En consolidant les incidents de l’année 2025 dans mon propre jeu de données de recherche sur les incidents cyber maritimes, que j’ai constitué lors de mes travaux de doctorat et que je continue à entretenir avec mes propres moyens, j’obtiens une image assez différente, et parfois plus instructive, car basée sur les faits. J’appelle cela de l’incidentologie cyber, non pas pour faire pompeux, mais parce que c’est riche d’enseignements en termes de prévention, de protection et de réaction.






